12 millions levés sur un Notion, pas un PowerPoint
Jeremy Goillot a fermé un seed de 3,5 millions d'euros en août 2023. Pas de deck classique. Juste une page Notion. Pas de produit non plus. Juste un problème clairement articulé et une conviction : la majorité des publicités B2B sont consultées sur mobile, mais les outils restent conçus pour le desktop.
Neuf mois plus tard, nouvelle levée : 12 millions de dollars. Cette fois en conditions seed, pas en série A déguisée. Pas de board. Des termes favorables aux fondateurs. Une vélocité rare en Europe.
Ce qui revient à chaque fois, c'est la passion. Les business angels évaluent surtout si la personne est vraiment déterminée à résoudre ce problème-là.
— Jeremy Goillot
Entre les deux tours, Jeremy a passé deux ans à voyager en Afrique et en Amérique du Sud. Il a investi dans 40 startups, accompagné 70 boîtes en freelance, et rencontré 850 projets via son fonds Caraventure. Pas un break. Une préparation méthodique.
Pourquoi les all-in-one sont un piège de vente
The Mobile First Company lance des apps verticales. Pas de super-app. Pas de 7-en-1. La première : Allo, concurrent mobile-first d'Aircall. Le plan : une suite d'outils indépendants sous la même marque, comme Atlassian (Jira, Trello) ou Google (Workspace, Maps, Calendar).
Jeremy a mangé du all-in-one chez Spendesk. Il connaît le piège.
Tous les investisseurs veulent un all-in-one, mais le consommateur s'en fout. Il a un problème précis, il veut la solution à ce problème. Il ne veut pas changer toute sa boîte à outils.
— Jeremy Goillot
Les super-apps marchent en Asie (WeChat) ou en Amérique du Sud (Rappi). Pas aux États-Unis. Pas en Europe. Les utilisateurs ont déjà des outils interconnectés. Ils n'ont pas envie de tout remplacer.
The Mobile First vise 1 à 50 employés. Des dirigeants de PME en déplacement constant. Plombiers, agences, cabinets. Leur stratégie : acquérir sur un produit, gagner la confiance, upseller sur les autres apps via un seul login.
Mobile first, parce que c'est là qu'on achète
Jeremy vient du growth. Chez Spendesk, il a vu ses publicités consultées majoritairement sur mobile. Mais les inscriptions arrivaient à trois moments précis : tôt le matin, entre midi et deux, tard le soir. Jamais pendant les heures de bureau.
Le dirigeant ne va pas être sur Facebook durant la journée. Il va être sur Excel, dans son CRM. Par contre, à la pause déj, le matin ou le soir, c'est là où il est disponible pour acheter des solutions.
— Jeremy Goillot
Le mobile first n'est pas qu'une contrainte technique. C'est une contrainte de design. Moins de pixels. Moins d'espace. Ça oblige à enlever les fonctionnalités inutiles. À rendre le produit intuitif. WhatsApp versus Outlook.
Allo intègre de l'IA sur deux aspects : tous les appels sont enregistrés, retranscrits et résumés par ChatGPT. Comme les bots Fireflies sur Google Meet, mais natif dans la téléphonie. Pas de fonctionnalité gadget. Juste ce qui fait gagner du temps.
Pourquoi Miami, pas Paris
Jeremy s'est installé à Miami il y a deux mois. Pas pour fuir la France. Pour conquérir les États-Unis. The Mobile First cible d'abord le marché américain. Les billboards d'Odoo sont partout à Miami. La boîte fait 40 millions de MRR. Pas d'ARR. De MRR.
Aux États-Unis, le prix n'est jamais un problème. Tout le monde vit à crédit. L'argent est un moyen d'avoir une voiture plus grande, un appartement plus grand. Les Américains n'ont pas peur de perdre de l'argent.
Mais Jeremy garde une conviction française : la passion. Les fondateurs américains sont bons en exécution. Les Français excellent en détermination. Les business angels français évaluent moins l'idée que l'obsession du fondateur pour résoudre un problème précis.
Le conseil d'Andreessen Horowitz qu'il applique
Jeremy a rejoint Spendesk à 20 ans. Premier stagiaire, quatrième employé. Il en est parti à 25 ans avec plus de rides que la plupart des gens de son âge. Sept ans condensés en mode accéléré. Spendesk est devenue une licorne. 50 millions d'ARR à son départ. Une trentaine d'alumni ont levé des fonds depuis.
Son conseil, tiré d'Andreessen Horowitz : si tu n'as pas d'idée, ne force pas. Rejoins la boîte à plus forte croissance où tu vas apprendre à exécuter. Lovable, Pennylane, Revolut. Tu apprendras plus en deux ans qu'en lançant un projet qui ne te passionne pas.
ChatGPT a changé la donne. Les consommateurs ne vont plus accepter de payer 85 euros par licence pour un tableau de bord. L'IA permet de construire ses propres logiciels. Les barrières technologiques tombent. Ce qui valait 500 000 euros via une agence coûte maintenant 5 000 euros en no-code.
The Mobile First construit pour cette nouvelle réalité. Des outils épurés. Mobile-first. Pensés pour des humains, pas pour des entreprises.
Source Episode
Jeremy Goillot: Le francais a la conquete des US
Little Big Things · 119 min
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